Un tremblement de terre, vu de l’extérieur. Mais les Suisses ne semblent pas perdre leur placidité au lendemain du renforcement de l’Union Démocratique du Centre, dans l’appareil législatif.

Avec 29 % des voix, lors des élections législatives du Dimanche 22 Octobre, l’UDC se place en tête des partis politiques et espère jouer un plus grand rôle dans la vie politique Suisse. Les politologues continuent de s’interroger sur le chambardement que font peser ces élections sur le système politique suisse. L’Union Démocratique du Centre est un parti conservateur, ultranationaliste, libéral, europhobique et souvent traité de « xénophobe » par les médias et les autres partis. Ces élections législatives servaient à renouveller le Conseil National (Chambre Basse du Parlement), qui compte 200 élus. L’UDC obtient 61 sièges, un peu plus du quart de l’Assemblée. Ce parti de droite dure espère que Cristoph Blocher, l’un de ses charismatiques dirigeants, sera réélu en tant que conseiller fédéral (7 conseillers fédéraux forment le gouvernement suisse, élus par la Chambre basse).

Ce parti a brisé le calme suisse, lors de sa campagne, en étant partout et très agressif. Ses affiches de campagne représentaient trois moutons blancs qui sortent hors du drapeau suisse un mouton noir. Le mouton noir désigne l’ennemi : c’est à dire, « l’immigrant qui profite de notre système social » (dixit Christop Blocher). Pour sa campagne, l’UDC a déboursé plus de 20 millions d’euros, contre 1 millions pour le Parti Socialiste, en nette chute (19,1 %). Les milieux politiques s’interrogent sur la direction que va prendre la Suisse, avec l’UDC en position dominante dans le paysage politique.