Pour de nombreux pays de l’Europe de l’Ouest, l’heure est à la récession… du jamais vu depuis 1949 pour la France, qui voit son PIB chuter de plus de 5% pour le 1er trimestre 2020.

Economie : l’Europe connaît sa plus forte récession depuis 1949

Les économies de la France et de l’Espagne ont connu les plus fortes baisses depuis le début de la tenue des registres, en 1949. L’économie de l’Union européenne a reculé de 3,5 % au premier trimestre 2020, la pire chute trimestrielle depuis que le bloc a commencé à collecter des données cumulées en 1995.

La croissance dans la zone euro a quant à elle reculé de 3,8 %, selon Eurostat, l’office statistique de l’UE. Et lorsque l’on sait que les mesures de confinement n’ont commencé qu’à la fin du trimestre, on mesure combien les chiffres du 2e trimestre devaient être catastrophiques, sans précédent dans le 20e siècle, même en temps de guerre. Le point sur la situation avec Parlorama.

Les économies occidentales ne voient pas le bout du tunnel

Le rapport européen au lendemain de celui publié par les États-Unis, avec des chiffres tout aussi inquiétants. L’économie américaine s’est contractée de 4,8 % au cours du premier trimestre de l’année, la pandémie de coronavirus ayant fait des ravages dans les pays traditionnellement partenaires des Etats-Unis.

L’université Johns Hopkins fait état de plus de 3,2 millions de cas de COVID-19 dans le monde et de plus de 227 970 décès. Le ministère espagnol de la santé fait état de plus de 1,41 million de cas en Europe. L’Italie, qui est restée l’épicentre de la pandémie en Europe, est entrée en récession jeudi dernier avec un recul de plus de 4 %… du jamais vu depuis la Deuxième guerre mondiale. Les autorités sanitaires font état de plus de 203 590 cas de coronavirus dans le pays et de près de 27 700 décès.

France : baisse de 5,8 % du PIB

Du côté de l’Hexagone, l’heure est également à la récession. Le produit intérieur brut de la France a chuté de plus de 5 % au cours du premier trimestre. L’organisme statistique français a fait état d’une baisse de 5,8 % au premier trimestre 2020, le plus haut niveau enregistré depuis 1949. L’agence a déclaré que cette baisse « est principalement liée à l’arrêt des activités dites non essentielles dans le cadre de la mise en œuvre du confinement depuis la mi-mars ». La France se classe au quatrième rang des pays ayant le plus grand nombre de cas COVID-19, avec plus de 166 540 cas. Plus de 24 120 personnes sont mortes du virus dans l’Hexagone.

L’Espagne, qui se classe au deuxième rang pour le nombre de cas et au quatrième pour le nombre de décès, a également vu son PIB baisser. L’Institut national des statistiques du pays a fait état d’une baisse de 5,2 % au premier trimestre 2020. Selon le Financial Times, il s’agit de la plus forte baisse depuis le début des enregistrements en 1949. Le pays compte plus de 236 900 cas et 24 275 décès.

En Allemagne, pays qui compte plus de 161 530 cas et 6 467 décès, le commerce est au point mort avec la fermeture des magasins. L’office national des statistiques Destatista a signalé une baisse de 5,6 % en mars par rapport au mois précédent et une baisse de 2,8 % par rapport à la même période en 2019. Là encore, c’est du jamais vu. Même la crise des subprimes de 2008 n’a pas plongé l’économie dans un si grand désarroi.

Comment l’Europe sort du confinement ?

Après presque deux mois de confinement, la plupart des pays européens ont commencé cette semaine à assouplir prudemment les restrictions sur la liberté de circuler et à mettre en œuvre la première phase des mesures de déconfinement, chaque pays à son propre rythme. Certains rouvrent les écoles maternelles, d’autres optent d’abord pour les lycées, les chantiers de construction et certaines usines ont repris le travail tandis que les marchés ouverts, les parcs publics, les salons de coiffure et les lieux de culte connaissent des fortunes différentes selon les pays.

La déconfinement est encore progressif et reste très prudent : pas de commerce de détail, pas de bars ni de restaurants, le télétravail reste encouragé, pas de réunions familiales, distanciation sociale maintenue dans les transports, port obligatoire de masques, pas de grands rassemblements sportifs, culturels ou syndicaux, etc.